Page blanche : 3 regards pour la transformer en alliée

Comprendre et apprivoiser la page blanche grâce à des astuces simples à mettre en place.

2/1/2026

Page blanche :
3 regards pour la transformer en alliée

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Elle est là, devant vous. Vide. Intimidante. Parfaite. Vous aviez pourtant envie d'écrire, des choses à dire, mais voilà : rien ne vient.

Le "syndrome de la page blanche" touche tout le monde — écrivains confirmés comme débutants. Intimidant, il est souvent mal vécu, comme un problème, un blocage insurmontable.

Mais si on changeait de perspective ? Et si cette page vide n'était pas un obstacle, mais une invitation ?

Pourquoi la page reste-t-elle blanche ?

Avant de chercher des "solutions", il peut être utile de comprendre ce qui se joue. La page blanche n'est pas un caprice ni une panne technique. Elle est souvent le signe que quelque chose résiste en vous.

Plusieurs causes possibles :

La peur du jugement. On voudrait que ce soit "bien" dès le premier jet. On s'auto-censure avant même d'avoir commencé. On se projette déjà dans l'étape finale. Pourtant, il faut bien commencer ! De nombreux écrivains célèbres ont écrit, réécrit, noirci des pages et des pages de brouillon. Tout travail d'écriture demandera un second travail de réécriture. Aussi, faites confiance à vos premières idées ! Ne pensez pas à ceux qui vous liront, ils auront accès à une version plus aboutie et réfléchie plus tard.
Attention également à votre propre jugement, souvent plus sévère que votre entourage ! La lucidité, c'est bien, la dureté, c'est parfois trop !

L'épuisement. Écrire demande une disponibilité intérieure. Quand on est vidé, les mots ne viennent pas — et c'est normal. La vie nous happe, nous n'avons pas tous le loisir de passer plusieurs heures par jour à écrire. Ecrire un ouvrage, c'est un projet de longue haleine. Vous ne participeriez pas à un marathon sans vous être entrainé régulièrement, sans vous être reposé...Pour l'écriture, c'est pareil ! Il faut apprendre à s'écouter, se reposer, se ressourcer..

Une émotion qui bloque. Parfois, le sujet qu'on veut aborder touche à quelque chose de sensible. L'inconscient freine pour nous protéger. On ne se rend pas toujours compte, c'est subtil. on croit que l'on veut écrire sur ce sujet, on se persuade que cela nous fera du bien. Et pourtant, rien ne vient ! Acceptons ce léger détour sur le chemin : il est possible d'écrire sur un autre sujet, d'aborder une autre émotion, d'incarner un personnage...Des astuces pour se relier petit à petit à son émotion existent. C'est souvent ce qui est abordé dans le cadre de l'atelier d'écriture thérapeutique.

Le perfectionnisme. On attend "le bon moment", "la bonne idée", "la bonne phrase". Et on attend... indéfiniment. Cela peut rejoindre la peur du jugement, c'est même souvent lié. Mais ici, vouloir trouver la métaphore parfaite, le mot précis, le parfait enchainement entre deux paragraphes sera contre productif. A vouloir trop bien faire, on ne fait rien. Mieux vaut un petit pas chaque jour, (un paragraphe chaque jour) qu'une histoire qui reste à l'état d'idée parfaite non ?

3 regards pour apprivoiser la page blanche

Nous l'avons vu, cette page blanche n'est pas nécessairement un blocage. Parfois, déplacer son point de vue, son regard sur l'obstacle, suffit à le contourner aisément et même, en faire une force !

1. La page blanche comme messagère

Et si vous lui demandiez ce qu'elle a à vous dire ?

Cela peut sembler étrange, mais essayez : écrivez "Chère page blanche..." et laissez venir la suite. Qu'est-ce qu'elle vous dirait si elle pouvait parler ? Peut-être "Tu es fatiguée, repose-toi." Ou "Ce sujet te fait peur, approche doucement."

Ce petit dialogue imaginaire déplace le blocage. On passe de "Je n'y arrive pas" à "Qu'est-ce qui se passe pour moi en ce moment ?" Il y a peut-être même là matière à nourrir votre écrit.

2. La page blanche comme permission

Une page vide, c'est aussi un espace de liberté totale. Rien n'est encore figé. Tout est possible.

Plutôt que de la voir comme un vide à remplir (qui peut générer de la pression !), voyez-la comme un terrain de jeu. Vous pouvez écrire n'importe quoi — du charabia, trois mots choisis au hasard, griffonner un petit dessin, écrire en travers. Personne ne regarde. Cet espace vierge est le votre, n'hésitez pas à vous l'approprier.
Je conseille souvent d'écrire un phrase simple, comme "Le ciel est bleu aujourd'hui et j'entends au loin le chant des oiseaux." puis de poursuivre avec votre histoire, même sans lien.

La seule règle : poser quelque chose. N'importe quoi.

Le mouvement appelle le mouvement. L'écriture appelle l'écriture. Il est plus facile de se sentir légitime lorsque la page semble déjà "entamée".

3. La page blanche comme pause

Parfois, la meilleure chose à faire face à une page blanche, c'est... rien. Du moins, c'est ce que l'on croit. Car en réalité, vivre, c'est nourrir son imaginaire !

Fermer le carnet. Aller marcher. Prendre un bain. Dormir. L'écriture travaille aussi quand on ne l'écrit pas. Les idées mûrissent en souterrain, les émotions se décantent. Les rêves sont parfois porteurs d'idées, la nature vient nourrir notre banque de sensations, les rencontres nous font entrapercevoir de nouveaux personnages...

Forcer n'est pas toujours la solution. Respecter son rythme fait aussi partie du processus créatif.

L'auteur japonais Haruki Murakami, célèbre entre autre pour sa trilogie 1Q84 écrit plusieurs heures le matin, chaque jour mais pratique ensuite vélo, course ou natation, s'astreignant à une vraie pause dans sa journée d'écriture.

Quelques astuces concrètes pour (re)lancer l'écriture

  • Écrire "Je ne sais pas quoi écrire" en boucle jusqu'à ce qu'autre chose vienne (ça marche souvent !) ou bien, une phrase en amorce.

  • Se donner une contrainte : écrire en 5 minutes, écrire sans la lettre "e", commencer par "Je me souviens..." La contrainte libère paradoxalement. C'est ce que l'on découvre en pratiquant les ateliers d'écriture de façon régulière.

  • Changer de support : passer de l'écran au papier, ou l'inverse. D'une feuille blanche à une feuille lignée. Changer de stylo, de lieu ou même tout simplement, de place !

  • Écrire à la main : le rythme plus lent de l'écriture manuscrite calme le mental et favorise l'émergence. L'écriture manuscrite est un vrai plus dans son approche : elle oblige à faire des choix, à un rythme différent.

  • Commencer par le milieu : pas besoin de trouver "le début parfait". Écrivez ce qui vient, vous réorganiserez après. Dès que vous vous sentez bloqué, même en plein milieu de phrase, passez à un autre chapitre, un dialogue, une description : variez !

    Nous appliquons et testons toutes ces astuces en atelier d'écriture créative, venez les découvrir, en autonomie ou guidés. Se confronter à la page blanche ne vous fera plus peur !


La page blanche n'est pas votre ennemie

Changez votre regard, gardez cette idée en tête. Elle fait partie du processus. Elle reviendra, encore et encore, tout au long de votre vie d'écriture. Mais plus vous apprendrez à l'accueillir avec curiosité plutôt qu'avec frustration, plus elle se transformera : de mur infranchissable en simple halte sur le chemin. Pause, réflexion intérieure, miroir tendu, cette page blanche a beaucoup à vous dire si vous tendez l'oreille.

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