DEFI : poésie sur couverture n°8

DÉFI : "POÉSIE SUR COUVERTURES" n° 8

Voici un petit poème improvisé à l'aide de titres de livres de ma bibliothèque personnelle.
Insérez-le ou dispersez-le dans votre texte ou poème, où bon vous semble, ou inspirez-vous en pour créer une ambiance.
Jusqu'à 20 - 30 lignes maximum. 📚🖋

 

 Jusqu'au bout de l anuit- Dean Koontz
La vingt-cinquième heure- Virgil Gheorghiu
L'apparition - Didier Van Cauwelaert
La nuit bengali - Mircea Eliade

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Michèle (jeudi) (lundi, 04 mai 2020 12:19)

    Il fait nuit, la gare est vide et silencieuse. Il est assis sur un banc, seul. Il fait lourd et humide. Il consulte régulièrement sa montre. Qu'attend-il ? Un train ? Une femme ? On sent qu'il est déterminé, qu'il attendra le temps qu'il faudra, jusqu'au bout de la nuit, que rien ne le fera bouger de là. Minuit s'affiche sur l'horloge accrochée non loin. Pour lui, c'est la 25ème heure qui commence, celle avant demain, celle où il voudrait que le miracle arrive, une heure entre parenthèses où tous les espoirs sont permis. A côté de lui, sur le banc, on voit un bouquet de fleurs écarlates, un peu fatiguées d'attendre dans le chaleur de la nuit bengali. Elles exhalent un parfum lourd, sucré et entêtant.
    Soudain, au loin, des pas se font entendre, un léger claquement sur le sol révèle une marche rapide, qui sait où elle va. Il se lève d'un bloc, son corps entièrement tendu vers ce bruit encore ténu qui s'approche. Il balaie d'un regard plein d'espoir, mais aussi d'appréhension le hall de la gare toujours désert. Enfin, derrière un pilier, une tache blanche se précise. C'est l'apparition qu'il attendait ! Il se précipite vers elle, et lui tend les bras.

  • #2

    Geneviève (du jeudi) (lundi, 04 mai 2020 18:46)

    Lucie marchait d'un pas nonchalant sur ce petit sentier tant de fois parcouru. C'était l'heure où la lumière se trouve entre chien et loup, où les derniers oiseaux dans un aurevoir lugubre vont retrouver leur refuge. La nuit s'approfondissait au fur et à mensure de sa déambulation. Après tous ces conflits encore mal dépassés, elle avait besoin de cet air frais et de cette légère brise qui allume les étoiles. Elle regardait devant elle la masse sombre du grand chêne, qu'elle comparait à l'apparition d'un fantôme et qui agitait son manteau de branches comme pour tracer son chemin et chasser les obstacles. Trop alourdie et engourdie par un reste d'amertume, qui se dissipait cependant chemin faisant, la peur ne l'effleurait pas. Elle avait averti qu'elle rentrerait tard, peut-être après minuit, disons pour pasticher un auteur vers la vingt-cinquième heure. Mais que peut-il se passer lors de cette heure romanesque ? Sans doute quelque chose d'extraordinaire. Eh bien oui, après cette méditation, cette tentative réussie pour chasser ses aigreurs, elle osa relever la tête, elle balaya la voûte céleste et oh ! surprise une pluie d'étoiles filantes vint lui faire la fête. Elle se serait crue l'héroïne des contes de Mille et une nuits? Et en lien avec les feux de Bengale qui dans son enfance illuminaient quelques traditions de son village, c'était pour elle sa nuit bengali.

  • #3

    Françoise T. (lundi, 04 mai 2020 19:22)

    Lune s’était habillée d’organdi pâle
    Nous avions rendez-vous clandestinement au sommet de la colline
    Je l’attendais le temps qu’il lui fallait pour se libérer des cieux trop orangé du soir qui tardait à s’habiller d’indigo pailleté d’or mouvant
    Jusqu’à "La vingt cinquième heure", s’il le fallait, je patientais
    "Jusqu'au bout de la nuit" nous avions le temps de cheminer ensemble
    "L'apparition" de son visage lactescent m’était apaisement souverain
    Les vibrations de l’air de "La nuit bengali" m’envoûtaient
    Le ciel était à portée de mes caresses
    Et je me laissais susurrer tous les poèmes de la nuit
    Les temps n’avaient plus cours
    Les distances étaient abolies
    Et je restais longtemps enveloppée de nos secrets.

  • #4

    Kinna (lundi, 04 mai 2020 19:35)

    Il fait chaud, très chaud, trop chaud. Les journées sont interminables et pesantes.
    Dès que le soir tombe, je revis. La descente de la température correspond à la montée de l'envie de bouger et de vivre enfin, sans étouffer. J'attends avec impatience la vingt-cinquième heure où le village bouge, sans bruits excessifs. Chacun parle en baissant la voix. Les rires fusent mais restent discrets. Déjà certaines ombres qui ressemblent à des fantômes retournent se reposer, épuiser par le manque de sommeil et cette soif continuelle qu'ils ont du mal à satisfaire.
    La nuit avance, la lune s'est installée dans un coin de l'horizon où nous verrons peut-être l'apparition qui nous rejoint parfois pour nous redonner courage et force. Elle représente au-dessus de nos têtes le symbole que tous ici prennent pour la silhouette de Mère Térésa : elle a tellement marqué la région que la nuit bengali semble un hommage à son action. Calme, silence et recueillement s'imposent jusqu'au bout de la nuit.
    Bientôt la lune disparaîtra et ses mirages s'envoleront vers d'autres cieux.